Lorsque l’on invente quelque chose pour un usage quotidien, il nous faut s’assurer de ses défauts. C’est pour cette raison que nous faisons alors subir à l’objet créé une batterie de tests et d’essais afin de déterminer son point de vulnérabilité. On voit souvent, particulièrement dans les moyens de transports, ce que l’on appelle les crashs tests. Il s’agit de faire subir au véhicule ou à certains de ces composants une série d’épreuves dans des conditions extrêmes. Cela peut parfois avoir l’air drôle, en effet, lancer une voiture (vide) de haut d’un immeuble pour pouvoir regarder au ralenti quelle pièce s’écrase le mieux, doit être particulièrement plaisant.

L’obsolescence programmée 

À la suite de la grande dépression, dans les années 1930, afin de relancer l’économie, est apparue une nouvelle doctrine[1] chez les industriels : l’obsolescence programmée. En effet, il s’agissait alors d’un moyen rapide pour d’augmenter la consommation. Il faut dire que les considérations humaines et écologiques étaient peu courantes à l’époque. Aujourd’hui, cette obsolescence associée à l’explosion des technologies à la fin des années 1980 est la cause d’un véritable désastre. Rien qu’en 2014, la filière électronique et électrique produisait 41,8 millions de tonnes de déchets à l’année.

On ne prend pas souvent la véritable mesure de l’ampleur de la problématique, aussi nous allons essayer, ensemble, de dégrossir les principaux aspects de la controverse, et de voir comment Virvolt affronte ces difficultés.

[1] LONDON. B ; « Ending the Depression Through Planned Obsolescence » (1932), Paris, 2003

  • Obsolescence technique : Il s’agit de la définition première, c’est-à-dire la réduction organisée de la durée de vie d’un composant ou d’un produit. Cela peut se manifester par la défectuosité planifiée (comme les puces des imprimantes) ou bien l’incompatibilité des modèles en raison de l’impossibilité d’adaptation à une nouvelle évolution (ex : les chargeurs de smartphone). C’est pour cette raison que nous garantissons nos produits à long terme, nous achetons et fabriquons dans l’idée que vous pouvez bénéficier du matériel aussi longtemps que ses composants le permettent techniquement.

 

  • Obsolescence indirecte : Ici on parle de « réparabilité ». Que soit en raison d’une impossibilité technique (le produit n’est pas conçu pour être réparé) ou bien de pièces de rechange trop onéreuses ou tout simplement indisponibles, il s’agit bien de rendre un objet obsolète. De nos jours, seuls 44% des appareils qui tombent en panne sont réparés[1]. Pour pallier ce problème, la formation initiale de Virvolt est d’abord fondée sur la réparation et le reconditionnement. Chez nous, on apprend d’abord à réparer avant de fabriquer.

 

  • Obsolescence psychologique : Cela couvre l’action publicitaire qui conduit au renouvellement d’objets pourtant parfaitement fonctionnels. On a vu en effet progressivement s’organiser un culte du produit à venir, ce qui conduit parfois à acheter un VAE neuf alors que l’on possède un vélo tout à fait électrifiable. Pour rappel, dès 1934, le PDG de General Motors déclarait tout haut : « Notre grand travail est d’accélérer l’obsolescence. »[2]

[1] Etude ADEME (2012)

[2] MILES. S ; « Consumerism As a Way of Life » ; Londre, Sage, 1998

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La résilience technologique

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Pourtant, le passage du modèle de l’obsolescence programmée à son exact inverse, celui de la résilience technologique présente tous les avantages y compris économiques. La résilience technologique convoque des notions de confiance, d’honnêteté envers le consommateur et de développement durable au sens premier.

En effet, les nombreux problèmes liés au manque d’information sur la durée de vie des produits qui distance les citoyens de leur industrie pourraient disparaitre. Le climat de méfiance qui règne parmi les usagers n’est rentable pour personne. De plus cela permet aux entreprises européennes de se distinguer de leurs concurrents chinois ou américains, la résilience est aujourd’hui un critère distinctif extraordinairement positif.

D’un point de vue éthique, cela permettrait de redonner sa véritable valeur au métier d’ingénieur auquel on apprend durant ses études à produire la meilleure machine possible. Il existe également un point de vue social, car le manque de réparateur crée une perte d’emploi non négligeable. De plus, les personnes les plus pauvres devant souvent se contenter de produits d’entrée de gamme, moins chers, doivent affronter une obsolescence plus forte.

Enfin bien évidemment, du point de vue de la santé publique et de l’écologie cela permettrait d’éviter les conséquences catastrophiques dénoncées dès les années 1960[1] que peuvent avoir les décharges sauvages, les fumées toxiques (notamment du dioxine) ou encore le transfert des déchets dans certains pays sous-développés.

[1] PACKARD Vance « The Waste Maker » ; Calmann-Levy, Paris, 1962