Pour beaucoup l’intérêt du vélo électrique est de pouvoir se reposer de façon temporaire sur le moteur afin d’effectuer ses trajets quotidiens. À présent, la définition légale du vélo à assistance électrique VAE dispose que le moteur ne doit s’activer qu’en pédalant. Autrement, on sort de la catégorie VAE et on entre dans celle des cyclomoteurs (type scooter ou speedbike). La catégorie cyclomoteur est beaucoup plus contraignante, elle suppose une immatriculation, une assurance, des protections homologuées et surtout l’interdiction de circuler sur les pistes cyclables.

Bref, risque-t-on de supprimer tous ses avantages en ajoutant une gâchette d’accélération sur son vélo électrique ? Comment rester dans la légalité ? Pour quel usage peut-on recommander son utilisation ?

Alors que le pays retient son souffle devant tant d’incertitude, l’équipe éditoriale de Virvolt a choisi de poser les questions qui dérangent.

Qu’est-ce qu’une gâchette d’accélération pour vélo électrique ?

Comme pour tous les autres véhicules, il s’agit d’un dispositif qui permet d’augmenter de façon contrôlée la vitesse de l’engin. Pour le vélo électrique, on parle de gâchette, car le modèle le plus répandu est précisément celui de la gâchette.

Il s’agit d’une manette au pouce qui permet d’enclencher le moteur électrique du vélo par une simple pression. On peut alors doser l’accélération de façon progressive. Ce dispositif se fixe directement sur le guidon à droite au gauche.

Il s’agit d’un modèle courant qui fut commercialisé également dans nos magasins durant une courte période (et vous allez comprendre pourquoi : suspense). Néanmoins, on en trouve aussi sous la forme de poignées tournantes d’accélération (ci-dessous). Un modèle plus rare, notamment car il prête véritablement à confusion avec les cyclomoteurs électriques.

Ce que dit la loi sur les gâchettes d’accélération pour vélo électrique

Vous pouvez tout d’abord relire notre article sur la légalité du VAE. Vous y apprendrez que c’est la directive européenne 2002/24/EC qui fixe les critères pour qu’un vélo à assistance électrique puisse circuler sur la voie publique. Il en existe trois essentielles :

 

  • Votre vélo électrique ne peut pas dépasser la puissance de 250 watts

 

  • Pour votre sécurité, son assistance électrique est donc bridée à 25km/h (la loi vous offre un 10% de vitesse supplémentaire de tolérance). Pour monter au-delà de cette vitesse, il faudra compter sur vos muscles !

 

  • L’assistance électrique, comme son nom l’indique, est une assistance, et n’a pas pour objectif de remplacer le pédalage. Il faut donc savoir que le kit vélo électrique tout comme le VAE ne s’active qu’au pédalage.

A priori l’installation d’une gâchette ou d’une poignée tournante est impossible légalement. MAIS, il existe une exception à cette règle, accrochez-vous à vos sièges, pour l’ajout d’une aide au démarrage dit « Start 6 km/h » qui autorise donc par simple pression de la manette d’enclencher le fonctionnement du moteur sans pédaler. Comme son nom l’indique, ce système se coupe à 6 km/h ce qui est beaucoup trop faible pour faire avancer correctement le vélo électrique sans pédaler.

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Cette disposition a été pensée pour les utilisateurs ayant des difficultés physiques les empêchant de lancer le vélo convenablement. En effet, il faut bien donner un premier coup de pédale.

De même, pour la circulation en ville, il est apparu aux autorités qu’il fallait un moyen aux usagers de pouvoir s’arrêter et redémarrer rapidement.

Pourquoi la gâchette d’accélération (pardon d’ « aide au démarrage ») pour vélo électrique est-elle une mauvaise idée ?

En premier lieu, si dans la loi il s’agit d’aide au démarrage, vous risquez d’avoir le réflexe, et c’est humain, d’activer la manette en permanence. En effet, la tentation est grande de débrider sa gâchette et de tomber ainsi dans le monde du crime. Ainsi pour votre propre moralité, nous déconseillons la gâchette, votre âme est trop pure pour être soumise à telle tentation.

Usure mécanique :

 

De façon plus sérieuse, une utilisation intensive, et disons les mots, abusive d’une gâchette a des effets catastrophiques sur le matériel. Que ce soit la chaine, le pédalier, ou pire les engrenages de votre moteur, vous pouvez diviser leurs durées de vie par dix on utilisant un tel système quotidiennement.

Pour rappel, une usure prématurée des engrenages du moteur dû à une gâchette n’est couverte par aucune garantie dans aucun magasin. Il faudra donc racheter un moteur, voir un vélo électrique en entier pour ceux qui ont choisi des systèmes tout équipés. Même chez Virvolt, leader incontesté de la réparation et de la récupération, il nous faudrait remplacer l’ensemble de votre bloc moteur.

Usure électronique :

 

Avec pareille utilisation criminelle d’une gâchette, vous allez également vider votre batterie très rapidement. Non seulement votre autonomie peut être divisée par quatre, mais surtout vos capacités baissent avec le temps plus rapidement.

En effet, la durée de vie d’une batterie se mesure au nombre de charges et de décharges que vous lui faites subir, que l’on appelle des cycles (voir article comment marche une batterie ?). En vidant ainsi votre batterie, nous pouvons vous garantir qu’elle aura perdu plus de 50% de ses capacités d’origine au bout d’à peine un an.

Un usage vertueux de la gâchette d’accélération pour vélo électrique est-il encore possible ?

 

OUI, mais nous conseillons cet usage raisonné d’aide au démarrage aux professionnels du secteur ou bien aux personnes diminuées physiquement. Il faut respecter cet usage qui peut être utile pour :

  • Démarrer rapidement à un feu rouge
  • Éviter une collision lorsqu’on est à l’arrêt
  • Démarrer en cote alors que l’on s’est arrêté sur un pignon trop élevé (on se fait tous avoir)
  • Effectuer les premiers mètres lorsque l’on est très chargée où que l’on manœuvre un cycle lourd.

Sur cette photo, le superbe vélo cargo Virvolt que vous voyez est chargé avec plus de 100kg de matériel. Dans ces conditions il est effectivement impossible de démarrer au pied. Une utilisation d’une gâchette d’accélération est donc légitime sur les 3 ou 4 premiers mètres de la course.

CONCLUSION

Voilà, maintenant vous savez la vérité. Vous ne pourrez plus l’ignorer, votre devoir est de la partager autour de vous, le monde doit savoir quel est le bon usage d’une gâchette d’accélération pour vélo électrique. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos enfants, faites-le pour votre pays, faites-le pour nous. À très bientôt.