Les vélos à assistance électrique (VAE) permettent en premier lieu de réduire les efforts à fournir afin de se déplacer d’un point A à un point B. Il s’agit de l’argument de vente principal.  En effet, que ce soit pour un usage utilitaire ou simplement pour du loisir, le Vae vous promet les avantages du vélo (légèreté, rapidité, écologie) sans les inconvénients (transpiration, fatigue, etc.).

Paradoxalement, c’est précisément pour cette raison qu’il est aujourd’hui très critiqué, notamment par les cyclistes. Selon eux, un vélo est avant tout un formidable outil sportif qui permet de se maintenir en bonne forme et de prévenir les maladies cardio-vasculaires. L’usage du VAE ne serait alors qu’une parodie de cyclisme, une dépravation de la discipline. Nous n’allons pas entrer dans un débat de valeur métaphysique : discipline sportive vs moyen de transport, car cela ne nous mènerait nulle part.

En revanche, nous pouvons interroger cette présumée impuissance du vélo électrique à apporter des bienfaits à notre santé. Allons voir ce que disent les blouses blanches, les médecins et les chercheurs, en définitive, le vélo électrique est-il bon pour la santé ?

L’activité physique mondiale est en baisse

En effet, les scientifiques font depuis quelques années le constat inquiétant du manque d’activité physique dans le monde[1]. Ils remarquent également que les déplacements actifs (vélo, marche à pied etc.) sont un excellent moyen d’augmenter l’activité physique de la population, particulièrement dans les trajets quotidiens domicile-travail. Ces activités régulières permettent de réduire la mortalité due aux diabètes, aux cancers ou aux maladies cardiovasculaires.

Aujourd’hui plus de la moitié des Français utilisant quotidiennement la voiture en ville ne font pas plus de 5 kilomètres en moyenne.[2] C’est pour cette raison qu’en France comme en Angleterre, les modes de déplacement actifs sont encouragés. On gagnerait ainsi en moyenne plus d’1h30 d’activité sportive modérée par semaine.

[1] Organisation mondiale de la santé, Fiche d’information sur l’activité physique mondiale, 2018

[2] INSEE, « L’utilisation de l’automobile par les ménages dans les territoires. », Jean-Paul Hubert, Pierre Pistre et Jean-Loup Madre, Economie & Statistique 2016

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Sur un vélo électrique on ne dépense pas que de l’argent

Une étude a été réalisée en 2018 sur des adultes (+ de 18ans) utilisant un vélo à assistance électrique (c’est-à-dire un vélo où il est obligatoire de pédaler pour que l’assistance s’enclenche. Les résultats seront calculés selon l’intensité de l’activité physique. Cela comprend de nombreux critères comme la consommation d’oxygène, la dépense d’énergie par minute ou encore la fréquence cardiaque.

La revue actuelle des différentes études sur le sujet suggère que le cyclisme électrique peut susciter une activité vigoureuse pendant les montées et les trajets sur tous les terrains. De plus, même avec la vitesse d’assistance la plus élevée on reste sur une activité physique d’intensité au moins modérée y compris en descente. Ces valeurs dépassent le seuil d’intensité minimum supposé requis pour l’amélioration de la condition cardiorespiratoire. On a même déterminé que le vélo à assistance électrique permet de dépenser une énergie supérieure à la marche à pied.

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Le cyclisme électrique vs le cyclisme conventionnel

On remarque une différence relativement faible au niveau du VO2 max entre les deux modes de transport. En revanche il faut reconnaitre que la consommation d’oxygène reste plus élevée pour le cyclisme conventionnel. Ensuite sur un terrain vallonné les différences augmentent significativement. Dans une montée, par exemple un cycliste conventionnel dépense beaucoup plus d’énergie qu’un cycliste électrique.

Dans les deux cas, il y a des bénéfices sur la condition physique particulièrement chez les non-sportifs chez qui le vélo fait exploser leur progression très rapidement.

Le VAE : Un moyen de faire bouger tout le monde ?

L’avantage du cyclisme électrique est que l’effort est toujours perçu comme plus faible malgré une dépense d’énergie similaire[1]. Ensuite, il a été rapporté que les vélos à assistance électrique augmentent significativement la probabilité pour les cyclistes novices de davantage utiliser leur vélo.[2]  Ainsi il peut s’agir d’un excellent moyen pour les personnes dont la santé est compromise ou bien qui ne parviennent pas à se mettre au sport de pratiquer une activité physique plus régulière. De même on se rend compte, notamment grâce à une étude réalisé aux Pays bas[3] que les gens faisaient en moyenne 50% de trajet en plus avec un VAE qu’avec un vélo conventionnel. Cette mode de l’activité physique assistée peut également convenir aux personnes âgées ou en surpoids, ceux pour qui les efforts demandés par le vélo classique seront trop importants.

[1] Theurel J, Theurel A, Lepers R. Réponses physiologiques et cognitives lors de la conduite d’un vélo à assistance électrique par rapport à un vélo classique. Ergonomie. 2012

[2] De Geus B, Hendriksen I. Le vélo pour le transport, l’activité physique et la santé: qu’en est-il des Pedelecs? 2015.

[3] Hendriksen I, Engbers L, Schrijver J, Gijlswijk RV, Weltevreden J, Wilting J. Elektrisch Fietsen: marktonderzoek en verkenning toekomstmogelijkheden. Leiden:

CONCLUSION

Les scientifiques fournissent de nombreuses preuves que le cyclisme électrique permet une activité physique suffisamment intense pour provoquer des bienfaits sur la santé. Le Vae réduit, bien sûr, l’intensité physique sur la même distance par rapport au cyclisme traditionnel. De plus il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique, en tant que moyen de convaincre les personnes plus fragiles ou plus en difficultés de se mettre au sport. Ainsi, d’un point de vue compétitif et sportif le Vae ne présente que peu d’intérêt, en revanche du point de vue de la santé, et de la société il peut devenir un outil salutaire.

Je résume, un vélo électrique n’a pas été conçu pour se préparer aux étapes du tour de France. Il a été conçu pour offrir un moyen à la fois écologique et économique à tous de se déplacer tout en pratiquant une activité physique suffisante (et non pas intense) pour rester en bonne santé.